Les différentes matières textiles

Les matières textiles : le guide ultime pour connaître l’essentiel

Lorsque vous faites votre shopping, vous ne faites pas vraiment attention aux étiquettes et aux matières, et vous souhaitez changer cela ? Vous souhaitez connaître l’impact environnemental derrière chaque matière ? Ou encore, vous aimeriez apprendre à mieux entretenir vos vêtements pour garder le plus longtemps possible vos pièces préférées ?

Si oui, cet article est fait pour vous ! Il vous donnera toutes les informations nécessaires pour être incollable sur les différentes matières textiles, mieux décrypter les étiquettes et faire un choix conscient de ce que vous achèterez ! Prêt.e.s

Tout savoir sur les matières textiles et leurs caractéristiques.

Les fibres textiles peuvent être classées en deux catégories : d’un côté les fibres naturelles (qui peuvent être végétales ou animales) et de l’autre les fibres chimiques (qui peuvent être artificielles ou synthétiques). Tous les vêtements étaient réalisés à partir de matières naturelles avant l’arrivée des fibres chimiques, au milieu du XXème siècle. Leur production a aujourd’hui largement dépassé les fibres naturelles.

Zoom sur les fibres naturelles

Les fibres naturelles les plus couramment utilisées dans l’industrie textile sont le coton, la laine, la soie et le lin

Les fibres naturelles végétales

Le coton

Le coton est la fibre naturelle la plus produite au monde (1/4 de la production mondiale des fibres textiles provient du coton). Il est cultivé dans de nombreux pays, mais les plus gros producteurs sont l’Inde, la Chine et les États-Unis. C’est une fibre particulièrement adaptée pour des pièces du quotidien telles que des tee-shirts, des robes, des jeans ou encore des sous-vêtements. Cependant, nous le savons tous, la culture du coton est très gourmande en eau, pesticides et engrais. De nombreux autres impacts sont générés tout au long de la chaîne de transformation en textile : blanchiment au chlore, teinture avec des métaux lourds ou autres agents polluants et toxiques, forte consommation d’eau pour les bains de teinture et de rinçage, toxicité humaine… Cependant, il existe du coton recyclé ou coton bio certifié GOTS (Global Organic Textile Standard) permettant de réduire l’empreinte environnementale du coton (voir plus bas dans l’article).

Le lin

Historiquement, le lin est l’une des premières espèces cultivée pour le textile. Cette plante aux petites fleurs bleues est majoritairement cultivée en Europe : la France est d’ailleurs le premier producteur mondial de lin ! La culture de lin ne demande que très peu de ressources naturelles (eau, énergie etc.) ce qui en fait donc une fibre assez écologique. A titre d’exemple, elle nécessite 5 fois moins d’engrais et de pesticides que le coton.

 Seul point noir, nous sommes les plus gros producteurs de lin au monde, mais la majorité du lin est tissé en Chine, car nous ne possédions plus de filatures sur notre territoire depuis une vingtaine d’années. Bonne nouvelle, 2 filatures ont récemment rouvert, ce qui permettra de recréer une filière locale de cette fibre. Le lin est une matière très agréable, beaucoup portée en été car fine, souple et légère !

Le chanvre

Le chanvre (Cannabis sativa L.) est une fibre naturelle proche du lin, considérée comme écologique car elle a une résistance qui permet de se passer facilement d’intrants chimiques. On l’utilise beaucoup dans la fabrication de papier, toile ou cordages. Comme pour le lin, c’est la France qui est le premier producteur mondial de chanvre ! Contrairement au lin, qui est une fibre froide, le chanvre est une fibre thermorégulatrice : elle est plus fraîche quand il fait chaud et plus chaude quand il fait frais. 

Le jute 

Le jute est cultivé dans des régions qui connaissent un climat tropical (chaud et humide). La production de jute se fait principalement dans les pays asiatiques, dont les plus grands producteurs sont l’Inde et le Bangladesh, en raison de l’abondance de la main-d’œuvre. Ce sont les premiers exportateurs non seulement de fibres, mais aussi de produits finis. 

Pour fabriquer le jute, il faut extraire la fibre contenue dans la tige de la plante. Les plantes sont ainsi coupées, séchées puis mises dans l’eau pendant une dizaine de jours afin de ramollir la tige qui est ensuite écrasée pour faciliter le prélèvement de la fibre. La fibre est par la suite nettoyée manuellement et transformée en ficelle à la main ou de manière industrielle. 

On utilise principalement le jute pour fabriquer des cordes, des tentures, des sacs (le fameux sac en toile de jute !), car le jute a la particularité d’être très solide !

Les fibres naturelles animales

La laine

La part de la laine dans la production mondiale de textile ne représente qu’environ 1%. Cette fibre d’origine animale est issue de toisons d’animaux (moutons, lamas, chèvres…). La qualité de la laine varie selon l’animal. Il existe différents types de laine : 

● La laine Mérinos : elle est originaire du mouton d’Espagne, mais les plus gros producteurs sont l’Australie et la Nouvelle-Zélande. C’est le type de laine le plus utilisé. 

● La laine Alpaga : elle est issue de la toison des lamas (le Pérou a la plus grande population d’alpagas à travers le monde et est donc le plus grand producteur mondial de fibre d’alpaga). Il s’agit d’une laine haut de gamme très qualitative, résistante et plus chaude que celle du mouton. 

● La laine Angora : elle est réalisée à partir de poils de lapins et est connue pour sa rareté et sa grande qualité. 

● Le cachemire : il provient des poils de la chèvre dite “Cachemire” qui vivait originellement dans la région du même nom, située entre la Chine, l’Inde et le Pakistan. Cette laine est douce, fine et qualitative. Une chèvre ne produisant que 150g de laine, il faut compter 2 à 6 chèvres pour confectionner un pull en cachemire, d’où son prix élevé. 

La laine ne peut être qualifiée d’éthique que si les conditions d’élevage et la tonte des animaux se font dans des conditions respectueuses. 

Enfin, on privilégie généralement la laine par temps froids grâce à ses vertus isolantes et sa capacité à maintenir la chaleur. Pourtant, la laine est aussi une fibre d’été pour ses mêmes propriétés isolantes. Elle est thermo-régulatrice.

La soie

Le fil de soie est issu du dévidage des cocons des larves d’un papillon, le bombyx du mûrier. Cette fibre est originaire de Chine et aujourd’hui encore, la Chine en est le principal producteur (70% de la production mondiale). 

La chenille file un cocon dans lequel elle va se transformer en papillon. Avant son apparition et sa sortie, le cocon est étouffé à l’aide de vapeur d’eau ou de gaz toxique, pour étouffer les vers avant qu’ils ne sortent et ne cassent le très long fil de soie qu’ils ont créés (entre 1 et 3 km une fois dévidé !) La soie est une matière naturelle de luxe : comme elle nécessite un travail complexe, elle est précieuse et rare (elle représente seulement 0,2% du marché mondial des fibres textiles). 

Le saviez-vous ? On confond souvent la soie et le satin, pourtant on ne parle pas de la même chose ! Le satin est un type de tissage et non une matière textile. À l’origine fabriqué uniquement en soie, le satin est aujourd’hui confectionné à partir d’autres fibres naturelles ou synthétiques. 

Les principaux avantages du satin et de la soie sont leur douceur, leur brillance, leur légèreté et leur solidité. On les retrouve souvent dans un dressing féminin (tops, chemisiers, jupes, robes, carrés et foulards…) ainsi que dans la lingerie féminine et masculine.

Zoom sur les fibres chimiques

Les fibres chimiques sont divisées en deux. D’un côté les fibres artificielles, de l’autre les fibres synthétiques. Les fibres artificielles sont issues de la transformation chimique d’une matière naturelle (bois, plante etc.) tandis que les fibres synthétiques proviennent, elles, de l’industrie pétro-chimique.

Les fibres chimiques artificielles

La viscose 

La viscose est une fibre produite à partir de cellulose de bois, donc d’origine naturelle, mais transformée chimiquement, c’est pourquoi on dit qu’elle est artificielle. 

Elle est majoritairement connue comme étant la matière permettant d’imiter la texture de la soie à bas coûts. 

Comme vous vous en doutez, la fabrication de cette fibre a de nombreux impacts environnementaux : déforestation, utilisation de soude et de disulfure de carbone (très toxique et polluant), très grande consommation d’eau et d’énergie pour transformer la pulpe de bois en fibre… 

Le lyocell (aussi connu sous le nom de Tencel)

 L’alternative écologique à la viscose est le lyocell. Cette matière chimique artificielle est conçue à partir d’eucalyptus, issus de forêts gérées durablement (certificat PEFC-FSC). Le solvant utilisé n’est pas toxique et est récupérable à 99,77%, ce qui en fait une matière à 100% biodégradable et compostable, avec un impact environnemental particulièrement faible.

Les fibres chimiques synthétiques

Les fibres synthétiques sont obtenues par synthèse de composés chimiques. 

En raison de leur production simple et à faible coût, ce sont les fibres les plus fabriquées aujourd’hui. 

Pourtant, 70% des fibres synthétiques sont issues du pétrole, c’est pourquoi leur production représente un enjeu de taille pour l’environnement. 

Le polyester 

Le polyester est la fibre la plus fabriquée au monde, en raison de ses propriétés intéressantes (infroissable, chaude, bonne élasticité…) et de sa production à bas coût. 

Sa production et son entretien ont de nombreux impacts sur l’environnement : utilisation de ressources non renouvelables (pétrole), procédés de fabrication très polluants, forte consommation d’énergie, utilisation de solvants et produits chimiques néfastes, mais aussi rejet de microparticules de plastique lors du lavage en machine, pas toujours filtrées par les stations d’épuration en raison de leur trop petite taille, ce qui pollue énormément les rivières et océans. 

Il est néanmoins possible de recycler le polyester chimiquement pour faire une nouvelle fibre (ce processus est coûteux et reste encore peu développé). 

L’élasthanne 

L’élasthanne, aussi appelé “Lycra”, est une fibre très élastique, dérivée du pétrole comme le polyester. Il est toujours mélangé avec d’autres fibres pour donner de l’extensibilité et du confort au vêtement. 

L’élasthanne se prête particulièrement bien à la confection de vêtements de sport ou de maillots de bain. On peut le retrouver également dans les pièces en jean pour les rendre plus confortables et dans les élastiques de nos sous-vêtements.

A savoir : sur une étiquette, les matières composant moins de 2% du tissu ne sont pas indiquées, sauf pour l’élasthanne. 

En termes d’impacts environnementaux, les impacts de l’élasthanne sont similaires à ceux du polyester. De plus, l’élasthanne est un perturbateur de recyclage : lors du recyclage par voie mécanique (effilochage), les morceaux d’étoffe passent entre des rouleaux et sont tirés de part et d’autre afin d’être effilochés et défibrés. L’élasthanne bloque le processus d’effilochage puisque l’étoffe devenue élastique ne « cède » pas et reste quasiment intacte. 

L’acrylique 

Issue de l’industrie pétro-chimique, l’acrylique est une fibre synthétique ayant un aspect similaire à la laine. On la trouve souvent mélangée avec d’autres fibres, notamment la laine, afin d’obtenir des vêtements plus faciles d’entretien, plus doux, plus souples et moins chers. Elle est beaucoup utilisée dans la fabrication de fausses fourrures et de pulls. La qualité est cependant moins bonne, bouloche facilement et n’a pas de tenue. 

L’acrylique est une matière avec un impact santé et environnemental néfaste (utilisation de pétrole, consommation de 30% d’énergie supplémentaire par rapport au polyester, mauvaise qualité…)

Les matières à privilégier pour l'environnement

On pourrait penser que les matières naturelles sont meilleures pour l’environnement que les matières chimiques. En fait, ce n’est pas toujours le cas car certaines matières naturelles demandent énormément d’eau, d’énergie et de pesticides pour être cultivées (coton par exemple). 

Ainsi, si vous souhaitez acheter du coton, il est recommandé de bien se renseigner sur sa provenance et privilégier un coton recyclé ou issu du commerce équitable. Pour cela, des labels peuvent aider, comme le Global Organic Textile Standard (GOTS), garantissant une production à la fois respectueuse de l’environnement (coton bio, c’est-à-dire sans pesticide, et consommant jusqu’à 60% moins d’eau) et des conditions de travail. 

Le lin est une fibre écologique qui demande que très peu de ressources naturelles (eau, énergie) mais il faut s’assurer que la filature a été effectuée en Europe et non en Chine (ce qui fait loin de la France !). 

Comme nous l’avons vu précédemment, le Tencel est une bonne alternative à la viscose, puisque que le bois utilisé pour la production provient de filières durables, le solvant utilisé n’est pas toxique pour l’homme et l’environnement. 

La laine non traitée avec des produits chimiques est une matière assez écologique. Les problématiques de la laine restent les conditions d’élevage et l’impact de l’élevage sur l’environnement. Concernant son entretien, il n’est pas obligatoire de laver ses pulls en laine à froid, en revanche il ne faut pas aller au-delà de 30°C, sinon vous risquez de faire rétrécir vos vêtements. De plus, cela ne sert à rien de le laver trop souvent ; cela peut même l’abîmer. En revanche, il est conseillé de l’aérer à volonté, car la laine a des propriétés « auto-nettoyantes ». Pour ce qui est de la laine cachemire, elle bouloche toujours au fil du temps, ainsi il faut simplement enlever les bouloches quand elles apparaissent.

Comment bien entretenir mes vêtements

De manière globale, un vêtement de bonne qualité tiendra mieux dans le temps. Ainsi, privilégez l’achat des matières citées ci-dessus (évitez le polyester, matière beaucoup utilisée dans la fast-fashion qui ne dure qu’un été, privilégiez la laine à l’acrylique…). La soie labellisée et le polyester recyclé sont aussi de bonnes options. Recherchez aussi les labels et certifications, qui sont garants de meilleures conditions éthiques, sociales et environnementales. 

Concernant le lavage de vos vêtements, réduisez le nombre de lavages de vos vêtements, c’est souvent non nécessaire et cela favorise le rejet de microfibres dans les eaux usées (en plus, vous réduisez drastiquement la consommation d’eau de votre machine à laver). 

La température indiquée sur l’étiquette d’un vêtement n’est pas la température à programmer lors du lavage mais celle à ne pas dépasser. Les marques inscrivent souvent une température élevée pour attester de la résistance et de la qualité du tissu. Mais vous pouvez laver à 30°C la quasi-totalité de vos vêtements. En lavant à 30°C au lieu de 60°C, cela permet d’économiser jusqu’à 60% d’énergie par lavage. 

Enfin, respectez les pictogrammes écrits sur les étiquettes afin de préserver la qualité de votre vêtement. Et lorsqu’une tâche ne part plus, que vous avez fait un trou ou que vous n’aimez plus la forme d’un de vos vêtements, pensez à la réparation (classique ou créative) ou à l’upcycling ! Si vous ne savez pas coudre, sachez qu’il existe de nombreux repair café ou repair café textiles à proximité de chez vous, où des bénévoles vous apprennent à réparer vos vêtements gratuitement, et en plus de cela vous devenez autonome pour la prochaine fois ! Top non ? 🙂

Vous saurez maintenant comment mieux acheter ! Et n’oubliez pas : la seconde main reste toujours la meilleure option d’achat

Un mot sur l'autrice :

Je m’appelle Coline, j’ai 24 ans et je suis diplômée d’un Master en innovation et développement durable. 
Engagée pour la justice sociale et environnementale, je suis actuellement en Service Civique dans le secteur de la mode circulaire et de la seconde main. C’est pourquoi j’ai décidé parallèlement de devenir ambassadrice pour Collection40 afin de d’encourager la circularité des vêtements !
Je souhaite poursuivre ma carrière dans le secteur du développement durable et de la mode afin de participer à la construction d’une industrie de la mode plus éthique et durable.
 
Date 16 juin 2023