« Depuis mes 17ans, je n’achète que de l’occasion »

Hello, moi c’est Laura, j’ai 20 ans et, comme l’indique à très juste titre mon article, je vais vous expliquer comment s’est déroulé mon changement de vie, en espérant que mon histoire puisse en aider certains à franchir le cap ! A travers ce récit, je vais vous expliquer mon parcours dans ce milieu jusqu’à mon engagement chez Collection 40, en passant par une illustration chiffrée de la mode éthique en France et quelques conseils 

Vous êtes prêts ? Allons-y !

Pour tout vous dire, tout a débuté assez bêtement. J’avais découvert quelques friperies parisiennes par l’intermédiaire de mon père et j’y allais de temps en temps au début du lycée. Arrivée en première, j’ai commencé à recevoir un peu d’argent de poche chaque mois, mais cela ne me suffisait pas. Je souhaitais à la fois renouveler ma garde-robe et en même temps trouver de bons cadeaux pour tous les anniversaires de mon groupe d’amis :/

C’est ainsi qu’en décembre 2020 je me suis lancée comme défi personnel de n’acheter que des articles d’occasion durant une année. Le but de ce défi, outre le côté financier, était de voir s’il était possible d’acheter absolument tout ce dont j’allais avoir besoin au cours de cette même année lycéenne sans passer par la case du « magasin traditionnel ». Je ne vais pas vous mentir, les premières semaines n’ont pas été simples, j’avais du mal à trouver des équivalents de ce que je recherchais (ou du moins je m’y prenais mal), et j’étais fortement tentée par mon entourage qui consommait fortement de la fast-fashion. Néanmoins, je me suis accrochée car le jeu en valait la peine et, peu à peu, j’ai fini par m’apercevoir qu’en plus de réaliser d’importantes économies, ce nouveau mode de vie m’apportait une satisfaction bien plus grande. Pour la première fois, des valeurs écologiques rentraient en jeu. Arrivée en décembre 2021, soit un an après, j’ai réalisé que je ne me voyais plus reprendre mes anciennes habitudes. J’aurai eu l’impression d’agir dans le sens contraire de mes idées qui avaient évidemment évolué au fil de cette même année. Dès cet instant, j’ai cherché à aller plus loin dans mes achats de seconde main et cela tombait bien, j’allais entrer à l’université ! J’ai donc commencé par acheter pour la première fois mes fournitures scolaires de manière éthique, puis, j’ai déménagé et je suis parvenue à acheter les quelques meubles et objets dont j’avais besoin pour mon nouvel appartement d’occasion. Et bien sûr, ce qui m’a paru le plus important est arrivé, j’ai invité mes proches à me rejoindre dans ce nouveau mode de vie. La meilleure façon pour me rendre crédible a été de leur montrer que les cadeaux qui les rendaient heureux étaient issus de seconde main et convenaient à toutes les occasions (que ce soit lors d’anniversaires ou à noël).

Mon engagement chez Collection40 :

Suite à cela, j’ai tenté d’avoir un mode de vie qui se rapprochait au maximum de mes valeurs, en privilégiant des jobs étudiants qui ne me feraient pas culpabiliser écologiquement parlant. A vrai dire j’ai eu beaucoup de chance à ce niveau-là car je ne me voyais pas travailler pour une grande chaine de vêtements alors qu’à coté je n’y mets plus les pieds depuis des années. Ayant le BAFA, j’ai trouvé plusieurs jobs d’animation au cours de ma licence mais le souci était que mon emploi du temps ne collait pas toujours avec mes horaires et que je souhaitais également enrichir mes expériences professionnelles. C’est durant l’été 2023 que j’ai fini par découvrir sur un site de petites annonces (jobetudiant.net) en quoi consistait le travail d’une ambassadrice Collection40. Dès la première lecture, le travail d’ambassadrice m’a paru très clair et m’a tout de suite plu. S’en est suivi un entretien au cours duquel j’ai parlé de ma consommation éthique et, quelques jours plus tard, j’apprenais que j’allais devenir une véritable ambassadrice ! Très vite, j’ai pu apporter mon aide à des particuliers qui souhaitaient se débarrasser de leurs vêtements encombrants tout en gagnant de l’argent, et sans avoir à effectuer le moindre déplacement hors de leur domicile. Le fait de passer par un intermédiaire (autrement dit moi) entre le client et l’organisme qui remet sur le marché les produits m’a paru rassurant car le client sait exactement ou vont ses articles. Cela m’a permis de compléter mes expériences professionnelles tout en me rendant utile en aidant des gens à trier leur dressing. En plus de me rendre chez des particuliers, j’ai également réalisé quelques collectes chez des amis à moi qui avaient des sacs entiers de vêtements à eux datant du collège et qui ne savaient pas quoi en faire. Au cours du mois de septembre 2023 j’ai ainsi pu voir mes amis à leur domicile comme je le fais habituellement tout en leur faisant gagner de l’argent et surtout de la place dans leurs armoires. Etant donné qu’ils me connaissent bien, j’en profite toujours pour leur rappeler à quel point il est important de privilégier les achats d’occasion car je ne les débarrasse pas de leurs anciens vêtements pour qu’ils filent en racheter dans des enseignes de fast fashion le jour suivant. Quelque part, j’ai le sentiment de contribuer à la nouvelle vie de ces vêtements que je croise et que j’envoie. Collection 40 a donc été une évidence pour moi car ce réseau de collectes regroupe absolument tous les aspects que je recherchais dans un travail ponctuel à pratiquer à coté de mes études. Eh oui, je ne me rends qu’à des arrondissements ou des villes préalablement sélectionnés, je rencontre du monde, je donne une seconde vie à des vêtements en parfait état et je gagne un peu d’argent ! Que demander de plus franchement ?

Et si on illustrait la mode éthique ?

Alors certes vous avez découvert mon histoire en lien avec l’achat d’articles d’occasion, mais qu’en est-il vraiment si l’on regarde à une plus haute échelle ? Si nous en sommes tous capables, ne serait-ce pas le moment d’enfin faire avancer les choses ? Pour se faire, je vous propose de réaliser en ma compagnie un état des lieux du marché de l’occasion en France. C’est parti !

Tout d’abord, selon une enquête réalisée lors de l’année 2021 auprès de français âgés de 18 à 65 ans, 92% d’entre eux avaient estimé ne pas se sentir suffisamment informés au sujet de la mode éthique. Cependant, d’après KPMG et la FEVAD, durant la même année 91% des Français ont acheté au moins un bien de seconde main. Il est donc important d’en parler autour de nous afin d’informer toutes les générations, car la seconde main s’adresse à tout le monde, peu importe notre âge. Et oui, car parmi les personnes qui achètent couramment de l’occasion, ¾ d’entre eux ont moins de 35 ans.

Ainsi, malgré le chemin qu’il reste à parcourir avant de normaliser ce processus, nous devons relever que le marché de la mode d’occasion prend de plus en plus de place au sein du pays. En effet, celui-ci aurait rapporté plus de 6 milliards d’euros à la France lors de l’année 2022, soit 6 fois plus qu’en 2018. Sur le plan mondial, ce même marché serait estimé à 177 milliards d’euros en 2022 également. Cette explosion phénoménale serait due en partie à l’inflation, mais également à un certain reflexe développé chez de nombreux consommateurs. En effet, toujours selon KPMG et la FEVAD, 74% d’entre eux auraient déclaré vérifier de manière systématique si le produit qu’il souhaite acheter en ligne est disponible d’occasion.

En revanche, malgré cette hausse de consommateurs éthiques, certains restent encore réticents à l’idée d’acheter des vêtements qui ont eu une précédente vie. Au-delà de l’aspect hygiénique (bien qu’il suffise de laver le vêtement), il existe en réalité d’autres raisons. Premièrement, beaucoup de personnes ne savent pas quelles marques pratiquent ou non du greenwashing et comment faire pour les reconnaitre. Certains pensent donc faire de bonnes actions et ne comprennent pas quelle est la différence entre des friperies ou le rayon écoresponsable de H&M par exemple. Ensuite, d’autres vont penser qu’acheter des articles éthiques sera forcément plus couteux pour leur porte-monnaie, or, de l’occasion il y en a pour tous les prix. Néanmoins, le plus souvent, les consommateurs craignent de tomber sur des contrefaçons et se disent embêtés à l’idée de ne pas pouvoir retourner leur produit ni d’avoir suffisamment d’informations concernant leur fabrication ou leur ancien propriétaire. Par ailleurs, 44% d’entre eux auraient révélé acheter des cadeaux neufs par principe car 66% des consommateurs craindraient la réaction de leurs proches face à ce type de cadeaux…Ne serait-il pas le moment de changer tout cela ? 

Mes conseils :

Désormais, il est temps de passer à la partie que vous attendiez tous…des petits tips, conseils de ma part afin de se lancer enfin dans un mode de vie 100% éthique ! (Car oui vous en êtes tous capables !)

Tout d’abord, je vous recommande d’investir dans des pièces durables, et, coup de bol :  en achetant d’occasion d’anciennes marques vous êtes surs d’y trouver des pièces qualitatives ! Cela ne fait aucun doute étant donné qu’à l’époque les vêtements duraient plus longtemps et que, s’ils sont mis en vente c’est qu’ils ont déjà été portés et que, par conséquent, ils vieillissent très bien. Personnellement, j’aime bien rechercher à l’aide d’internet les meilleures marques pour des collants qui ne s’effileront pas ou des bijoux qui ne s’oxyderont pas, afin de ne jamais être déçue de mes achats !

Ensuite, ce qui m’aidait énormément au début était de réaliser mes propres comparatifs de prix ! Vous verrez cela vous donne immédiatement une raison de ne plus jamais mettre un pied en boutique de fast fashion.

En effet, il suffit de faire un tour rapide sur l’onglet shopping de Google ou dans de nombreux magasins pour se rendre compte qu’un jean coute rarement moins de 20euros, et que, plus il provient d’une « grande marque », plus son cout monte. Ainsi, vous vous rendrez vite compte que, même en achetant un tas d’articles d’occasion, vous serez bien loin du prix d’un seul de ces mêmes articles neufs.  Par exemple, lors de mes sessions shoppings aux cours desquelles je dépense 15euros je me dis qu’à ce prix je n’aurai surement eu qu’un article au lieu des 10 que j’ai dans les mains, et cela fonctionne pour tout ! Vous aurez beau acheter tout ce que vous voulez d’occasion, le concept fait que les prix seront forcément plus bas du prix neuf de l’article en question ! De quoi rendre heureux votre portemonnaie.

De plus, je trouve qu’acheter de manière éthique permet de mieux définir son style car nous nous faisons bien moins influencer par les vitrines et nous osons parfois porter des vêtements que nous n’aurions jamais pensé essayer. Et puis, si vous appréciez votre style tel quel et que vous ne voulez rien y changer, pas de panique !  Vous retrouverez forcément des articles similaires aux magasins étant donné que la mode est une boucle.

Une fois que vous serez plus à l’aise dans ce mode de consommation, le meilleur conseil que je peux vous donner est d’investir dans une machine à coudre (d’occasion bien évidemment). Pour ma part, j’en possède une depuis deux ans maintenant et même si je ne l’utilise pas en permanence elle m’est super pratique ! Au départ je n’avais aucune expérience dans ce domaine mais c’est un outil très simple à utiliser et, en plus d’être idéale pour développer sa créativité, celle-ci va vous sauver en cas de trous à réparer ! (Car l’intérêt est de chercher à garder le plus longtemps possible ses vêtements et de les donner dans le meilleur des états à leur prochain acquéreur n’est-ce pas ?).

Au-delà de tout ça, ce que je recommande fortement est de suivre quelques comptes sur les réseaux sociaux que vous utilisez en rapport avec la seconde main et également d’échanger autour ce sujet auprès de votre cercle proche. En effet, il est possible que vous appreniez pleins de choses que vos amis se feront un plaisir de partager avec vous s’ils consomment également des vêtements de seconde main. Et puis, si certains n’ont pas non plus sauté le pas, accompagnez-vous mutuellement (en famille ou entre amis) dans ce léger changement de manière de consommer.

 

            En fin de compte, de mon point de vue il s’agit davantage d’une question de logique et non de moyens d’acheter de l’occasion car la seconde main fonctionne avec tout (excepté la nourriture quand même), est disponible partout (en boutique comme sur internet) , avec des produits uniques, de bonne qualité et qui ont un vécu que vous ne retrouverez nulle part ailleurs 🙂 J’espère sincèrement que cet article vous a aidé et que vous vous reconnaitrez dedans si ce n’est pas déjà le cas, car l’univers de la seconde main grandit de jours en jours !

Sources :